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NARDONE Jean-Luc  

Pétrarque et la poésie européenne

Anthologie pétrarquiste bilingue

2-94137-367-3 - Année : 2021 - 304 Pages - Non Disponible

Avec la collaboration de :
Françoise Gilbert – Christophe Gonzalez – Olivier Guerrier – Agnès Lafont – Jacques Lajarrige– Jacqueline Malherbe-Galy – Catherine Mazellier-Lajarrige –  Yves Peyré – Janice Valls-Russell.

COMMANDE


À l’origine, une source, unique, précise. Le pétrarquisme jaillit de l’œuvre et du nom de Pétrarque. Philosophe, linguiste, homme d’Église et de pouvoir, humaniste, il est aussi l’un des plus grands poètes occidentaux. Conquis par une Laure entrevue dans l’église Sainte-Claire d’Avignon en avril 1327, le poète florentin développe une nouvelle poésie d’amour où sa dame assume une dimension que l’on peut dire « moderne ». Laure meurt prématurément, la poésie de Pétrarque se libère de la menace d’amours trop sensuelles et laisse transparaître la beauté et la douleur de la passion d’un poète humain. Il perfectionne le sonnet dont il révèle toute l’élégance et la richesse. En même temps, son patriotisme et son attachement à sa langue maternelle le poussent à composer des poésies en langue Vulgaire, élevant les langues vernaculaires au rang des modèles antiques.

Le succès de la poésie de Pétrarque est tel que, de sa source, se répand un courant littéraire pétrarquiste. L’œuvre du Toscan se propage partout en Italie dès le xve siècle. Dans chaque ville, de nombreux poètes y puisent avant d’en renforcer le cours par de multiples productions qui rendent hommage au modèle imité. Et le courant est si fort qu’il dépasse les frontières. Il inonde les poésies française et espagnole dès le xvie siècle. Et les plus grands poètes s’y abreuvent, tandis qu’en Italie l’imitation est si diffuse qu’il est délicat, parfois, de savoir si les nouveaux poètes s’inspirent du Florentin ou des pétrarquistes locaux. Il en va bientôt de même en France où d’aucuns renient leur source d’inspiration première, forgent des courants nationaux, pour ne pas dire nationalistes. L’œuvre de Pétrarque atteint le Portugal, les rives de l’Angleterre, puis remonte, au xviie siècle, le cours des fleuves vers l’Allemagne.

La vague de la mode pétrarquiste n’est pas une onde régulière, et tandis qu’elle apparaît ici, elle est ailleurs au plus bas ; puis resurgit plus loin, dans le temps. Quelles sont ces voies suivies par les multiples courants pétrarquistes ? Quels poètes les empruntent ? Que reste-t-il, si loin de leur source, des vers du poète toscan ? Le livre tente de répondre à ces interrogations pour souligner, dans le même temps, la dimension pluriculturelle et évolutive de la poésie d’amour de la Renaissance – au sens large du terme –, dans une Europe en quête de langues nationales reconnues, de formes poétiques nouvelles, mais aussi, plus largement, d’identités politiques et religieuses, affermies.





Introduction générale


PREMIÈRE PARTIE

VIE ET ŒUVRE DE PÉTRARQUE


Chapitre I. Des premières années au couronnement romain

Chapitre II. De Provence en Provence : 1342-1353

Chapitre III. Missions politiques et écriture

Chapitre IV. Les dernières années

Conclusion. Les fondements du pétrarquisme littéraire


Textes : Canzoniere : I, III, XXXV, LIII, LXI, LXII, LXXXIV, CXXVI, CXXVIII, CXXXVI, CXLI, CLXI, CLXXXIX, CXCIX, CCV, CCCI, CCCXLVIII, CCCLIII.


DEUXIÈME PARTIE

LES PÉTRARQUISMES ITALIENS ET FRANÇAIS


Introduction. Italie et France : amour de la patrie  et patrie de l’amour


Chapitre I. L’Italie

Pétrarque et l’humanisme — Le débat linguistique — Les premières poésies pétrarquistes — Le succès du pétrarquisme de Bembo — Le cas de la poésie féminine — Les premières formes de l’antipétrarquisme — Conclusion.

Textes : Geri Gianfigliazzi, Messer Francesco, con Amor sovente ; Cino Rinuccini, Le varie rime che Amore ha dittate ; Guisto de’ Conti, La Bella Mano ; Serafino Aquilano, Vago ocellin, che con pietoso grido ; Angelo Polziano (Le Politien), I’ mi trovai fanciulle, un bel mattino ; Lorenzo de’ Medici (Laurent de Médicis), La debil, piccoletta e fral mia barca ; Belle, fresche e purpuree viole ; O veramente felice e beata ; Pietro Bembo, Crin d’oro crespo e d’ambra tersa e pura ; Viva mia neve, e caro e dolce foco ; Solingo augello, se piangendo vai ; Signor del ciel, s’alcun prego ti move ; Alta Colonna, e ferma alle tempeste ; Michelangelo Buonarroti (Michel-Ange), D’altrui pietoso e sol di sé spietato ; Giovanni Della Casa, Le chiome d’or, ch’Amor solea mostrarmi ; Celio Magno, Trovo dovunque io giro ‘l guardo intento ; Jacopo Sannazaro, Trentaduo lustri il Ciel girando intorno ; Luigi Tansillo, Strane rupi, aspri monti, alte tremanti ; Galeazzo di Tarsia, Te, lacrimosa pianta, sembra Amore ; Ludovico Ariosto (L’Arioste), La rete fu di queste fila d’oro ; Vittoria Colonna, Mentre io qui vissi in voi, lume beato ; Veronica Gambara, Ecco che già tre volte, Italia mia ; Gaspara Stampa, Voi, ch’ascoltate in queste meste rime ; Mesta e pentita de’ miei gravi errori ; Torquato Tasso (Le Tasse), Padre del ciel, che la tua imago eterna ; Padre del ciel or ch’atra nube il calle ; Francesco Berni, Chiome d’argento fine, irte, ed attorte ; Giovan Battista Marino, Al cagnolino della sua donna ; Pallore di bella donna ; Gabriello Chiabrera, Loda gli occhi.


Chapitre II. La France

La première fortune de Pétrarque — La deuxième fortune de Pétrarque — La troisième fortune de Pétrarque — L’antipétrarquisme français.

Textes : Clément Marot, Vous qui oyez en mes rimes le son ; O pas espars, o pensées soubdaines ; Des plus beaux yeux et de plus clair visage ; François Ier Épitaphe pour Laure ; Pernette du Guillet, Deux amys, joinctz par estroicte amytié ; Louise Labé, Non havria Ulisse o qualunqu’altro mai ; Je vis, je meurs : je me brûle et me noie ; Baise m’encor, rebaise-moi et baise ; Jacques Peletier du Mans, Qui d’un poëte entend suivre la trace ; Paix je ne trouve, et n’ay dont faire guerre ; Joachim du Bellay, Ô prison doulce, où captif je demeure ; Malheureux l’an, le mois, le jour, l’heure, et le poinct ; Comme le marinier que le cruel orage ; Ô beaux cheveux d’argent mignonnement retors ! ; Pierre de Ronsard, Doux cheveux, doux présent de ma douce Maîtresse ; Philippe Desportes, À pas lents et tardifs tout seul je me promène.


Conclusion



TROISIÈME PARTIE

LES PÉTRARQUISMES EUROPÉENS :

DU PORTUGAL À L’ALLEMAGNE


Introduction. Les voies de l’humanisme pétrarquiste


Chapitre I. L’Espagne

Auzias March et les prépétrarquistes espagnols — Le marquis de Santillane et les premiers pétrarquistes — Première génération des grands pétrarquistes — De Gutierre de Cetina à Fray Luis de Leôn Pétrarquisme et antipétrarquisme de F. de Herrera — Le cas de Cervantes — Du postpétrarquisme à l’antipétrarquisme — Quevedo et les dernières réminiscences pétrarquistes.

Textes : Juan Boscan, Solo y pensoso en páramos desiertos ; Dulce soñar y dulce congojarme ; Como ‘l patrón que, ‘n golfo navegando ; Garcilaso de la Vega, Cuando me paro a contemplar mi estado ; Boscán, las armas y el furor de Marte ; Gutierre de Cetina, ¡Dichoso desear, dichosa pena ; Fernando de Herrera, De bosque en bosque, de uno en otro llano ; ¡Oh cara perdición! ¡oh dulce engaño! ; Lope de Vega, Este mi triste y miserable estado ; Rota barquilla mía, que arrojada ; Luis de Gongora, Suspiros tristes, lágrimas cansadas ; Ya besando unas manos cristalinas ; Mientras por competir con tu cabello ; Francisco de Quevedo, Amor constante más allá de la muerte ; Inútil y débil victoria del Amor en el que ya es vencido amante ; Es hielo abrasador, es fuego helado ; A Roma, sepultada en sus ruinas.


Chapitre II. Le Portugal

L’humanisme italien au Portugal et le pétrarquisme de Sà de Miranda — L’école pétrarquiste portugaise — Luis Vaz de Camôes

Textes : Sà de Miranda, Aquela fé tão clara e verdadeira ; António Fereira, Os dias conto, e cada hora, e momento ; Luis Vaz de Camôes, Doces águas e claras do Mondego.


Chapitre III — L’Angleterre et l’Écosse

Le rôle précurseur de Chaucer — Wyatt, Surrey et le sonnet anglais — Les premiers pétrarquistes élisabéthains — Pétrarquisme et antipétrarquisme dans l’œuvre de Shakespeare — Le pétrarquisme à la cour de Jacques VI d’Écosse — L’antipétrarquisme trop manifeste des poètes métaphysiques — Le dernier sursaut du pétrarquisme anglais : John Milton.

Textes : Geoffrey Chaucer, If no love is, O God, what feel I so ? ; Sir Thomas Wyatt, If amorous faith or if an heart unfeigned ; I find no peace and all my war is done ; Henry Howard, Brittle beauty, that nature made so frail ; Thomas Watson, Come alma assai bramosa e poco accorta ; Sir Philipp Sidney, You that do search for every purling spring ; His mother dear Cupid offended late ; Now that of absence the most irksome night ; Edmund Spenser, Returne again my forces late dismayed ; My love is like to ice, and I to fire ; Like as a ship that through the ocean wide ; William Drummond, Now while the Night her sable veil hath spread ; John Donne, Confined Love ; John Milton, Ridonsi donne e giovani amorosi.


Chapitre IV. La Pologne

Première présence de Pétrarque en Pologne — Le pétrarquisme de Jan Kochanovski — Les héritiers de Kochanovski : les formes du baroque polonais.

Textes : Jan Kochanovski, Złota to strzała i krom wszego jadu była ; Srogie łańcuchy na swym sercu czuję ; Kto mi wiary dać nie chce, daj ją oku swemu ; Mikołaj Sęp Szarzyński, Jako lód taje przezroczysty z leka ; Jan Andrzej Morsztyn, Do Motyla.


Chapitre V. L’Allemagne

De Pétrarque aux Hollandais : influences étrangères sur l’humanisme allemand — Humanisme et Réforme — Premiers éléments de poésie pétrarquiste — Pétrarquisme et antipétrarquisme d’Opitz — Les héritiers d’Opitz.

Textes : Georg Rudolf Weckherlin, Über den frühen Tod

Fräuleins Anna Augusta Marggräfin zu Baden ; Martin Opitz, Francisci Petrarchae ; Du schöne Tyndaris, wer findet deines gleichen ; Paul Fleming, An Deutschland ; Christian Hoffmann Von Hoffmannswaldau, Auf den Mund.


Épilogue


Bibliographie critique citée

Index