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JAILLARD Dominique  

Agalma ou les figurations de l’invisible

Approches comparées

2-84136-395-6 - Année : 2021 - 512 Pages - Non Disponible

Stéphan Dugast, Dominique Jaillard, Ivonne Manfrini (éds.)

Yvonne Manfrini, Nicole Lanérès, Nikolina Kei, François Lissarrague, Claude Calame, Renée Koch-Piettre, Frédérique Ildefonse, Danielle Arnoux, Danouta Liberski-Bagnoud, Aurélie Névot, Sylvie Donnat, Youri Volokhine, Sonia Macri, Adeline Grand-Clément, Marlène Albert-Llorca, Manuela Giordano, Carmen Bernand, Anne Gabrielle Wersinger, Louise Bruit, Katryn Morgan, Hélène Fragaki, Maurizio Bettini, Dominique Jaillard, Jean-Jacques Glassner, Stéphan Dugast et Charles Malamoud.

COMMANDE


Généralement traduit par « statue », entre autre sous l’effet d’une cristallisation sémantique propre à l’histoire de la langue grecque, le terme agalma, dans ses usages antiques, recouvre des réalités infiniment plus variées, telles l’offrande votive (quelle qu’en soit la forme, parfois des poèmes), des objets de prestige, voire des êtres vivants. Dès lors qu’on ne considère plus l’agalma comme une image, une représentation, il apparaît comme « autre chose » qui échappe et résiste à la compréhension, quand bien même il est en rapport avec du figuratif. Du réexamen du dossier antique, il ressort que l’agalma opère de manière privilégiée dans le registre du relationnel, du transitionnel. C’est à ce titre qu’il devient un outil heuristique fécond pour mener une réflexion comparatiste et critique qui évite de réduire la notion de figuration à l’anthropomorphisme et au mimétisme.

En restituant la polymorphie des supports des fonctions agalmatiques, le volume « Agalma ou les figurations de l’invisible. Approches comparées » entend mettre en place un dialogue comparatiste de type contrastif, expérimental et constructif, au plus loin de l’analogisme, à partir de la microanalyse de sources (interagissant ou non avec l’observateur selon qu’il est anthropologue ou historien) qui restituent séquences rituelles, objets et « textes », inscrits dans des espaces aussi différents que l’Afrique sub-saharienne, l’Amérique précolombienne, la Chine des marges, l’Europe moderne et contemporaine, l’Inde védique, la Méditerranée et le Proche-Orient antiques.

L’analyse porte notamment sur les dispositifs, à savoir l’ensemble des éléments et des conditions qui concourent à la fabrication d’un objet rituel, d’une entité, d’une puissance, qui sont des vecteurs de relation entre visible et invisible. Autant d’assemblages ou de montages dont il importe de saisir le feuilletage, la dimension relationnelle et processuelle, ainsi que la capacité de donner à voir.

Le questionnement des notions d’anthropomorphisme, d’idole et de fétiche, débouche sur une réflexion plus générale sur la figuration et la représentation, comme relation au divin et à l’invisible, considéré en rapport à la matérialité, à la mise en présence et aux dispositifs rituels.





Introduction
Stéphan Dugast, Dominique Jaillard, Ivonne Manfrini,



I. Vous avez dit agalma ? Une polymorphie à explorer
Ivonne Manfrini, Agalma versus statue. La figuration comme relation
Nicole Lanérès, La notion d’agalma, des origines au siècle d’Alexandre
Ioanna Patera, Ἄγαλμα : le terme et le concept
Nikolina Kei et François Lissarrague, Aglaa dôra : la rançon d’Hector et le système des objets
Claude Calame, Rendre la parole poétique visible et efficace : le poème-agalma comme parure et comme offrande (Pindare et Bacchylide) 
Renée Koch-Piettre, Pourquoi la tortue n’est pas un agalma
Frédérique Ildefonse, ἄγαλμα et θεός. Retour sur le dossier platonicien
Danielle Arnoux,  Agalma, Jacques Lacan. La rencontre

II. Prismes. Entre figuration et présence, l’agalmatique ?
Danouta Liberski-Bagnoud, L’éclat aveuglant du fétiche. À propos de la scène du pouvoir et de ses effets de leurre (Afrique de l’Ouest)
Aurélie Névot, Figurer l’invisible, croiser le regard des dieux. Les tableaux talismaniques des Maîtres de la psalmodie
Sylvie Donnat, Mettre au monde les beautés du dieu. À propos de la construction de la présence divine dans l’Égypte ancienne
Youri Volokhine, Sur la création des images vivantes et des statues en Égypte ancienne
Sonia Macri, Quand la pierre perd sa matérialité. Pierres figurées et préfiguration de l’avenir dans les lapidaires grecs et romains
Adeline Grand-Clément, L’étoffe des dieux. Les consécrations de vêtements dans le monde grec. Autour du culte d’Artémis Brauronia
Marlène Albert-Llorca, Dans le monde catholique, déposer un vêtement dans un sanctuaire, le destiner à habiller la Vierge
Manuela Giordano, Croyance et dieux statues
Carmen Bernand, La notion d’agalma dans le miroir du Mexique


III. Quand l’agalma reste la statue…
Anne Gabrielle Wersinger, « Le visage de la bête ». Heidegger, les statues vivantes et la mise à mort rituelle
Louise Bruit, Des statues divines sur le théâtre
Katryn Morgan, Animating agalmata: The philosophical life as art in Plato
Hélène Fragaki, L’agalma automatique de Nysa
Maurizio Bettini, Insignia. Identité et construction sémiotique de l’image divine à Rome

IV. Dispositifs rituels
Dominique Jaillard, Objet présentifiant et dispositif rituel. Le cas des semeia de Zeus Ktésios
Jean-Jacques Glassner, Comment présentifier l’invisible ? L’exemple mésopotamien
Stéphan Dugast, Du pareil aux mêmes. La figuration des génies, entre divination et chasse (Bwaba du Burkina Faso)
Charles Malamoud, Vivant pilier. Remarques sur le poteau sacrificiel du rituel védique