Édimbourg, années 1820. à la Faculté de Médecine, le corps professoral s’inquiète, la pénurie de cadavres voués à la dissection est préoccupante, au regard des besoins pédagogiques de l’institution. Les autorités n’en délivrent qu’un nombre infime par an, ceux de criminels exécutés, jugés indignes d’un enterrement religieux.
L’offre étant donc loin de satisfaire la demande, d’inquiétantes activités nocturnes vont se dérouler dans les cimetières d’Écosse, où un commerce funèbre prospère : des « résurrectionnistes » — c’est ainsi qu’on les appelait —, vont arracher les défunts à leur éternel repos et marchander les dépouilles ainsi exhumées dans les Écoles d’Anatomie. Discrétion assurée. Jusqu’au jour où l’évidence s’impose à certains : il serait plus rapide, plus aisé et plus profitable de tuer que de creuser. William Burke et William Hare, un duo d’assassins vont alors régulièrement approvisionner en cadavres l’École d’Anatomie du Dr Knox.
Ce livre retrace l’histoire de ce périple meurtrier, qui a laissé une trace ineffaçable dans l’histoire du crime et en publie des archives inédites en français. Il interroge tout autant la mémoire de cet itinéraire criminel, les résurrections littéraires et cinématographiques contemporaines des résurrectionnistes, l’éternel retour des body-snatchers. Et son actualité : les anciens décors des meurtres d’Édimbourg et d’ailleurs sont devenus des lieux de divertissement, destinations d’un tourisme macabre, une des étapes de ce dark tourism qui a recyclé certains des lieux jadis hantés par la mort dans une économie et une cartographie de parc d’attractions globalisées.