Collections : Mémoires du Corps  

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COURTINE Jean-Jacques

L'anatomiste et l'assassin

Le commerce de cadavres en Écosse XIXe siècle

ISBN : 2-84137-455-7
EAN13 : 9782841374557
Année : 2026
248 pages

A paraître 2026-09


Au début du XIXe siècle, les Universités d’Europe sont remplies d’étudiants pressés de connaître les rouages du corps humain. L’anatomie connaît des progrès fulgurants. Dans les amphithéâtres, les étudiants en médecine ou en sciences observent les autopsies réalisées par d’éminents spécialistes. sauf que l’utilisation de corps humains à des fins d’étude médicale est interdite ou limitée pendant des siècles pour des raisons religieuses et sociales ; les médecins sont généralement contraints de disséquer les corps des condamnés à mort. Avec le développement des écoles de médecine, la demande augmente et le nombre d’exécutions ne suffit pas (d’autant qu’en 1823, le Parlement anglais supprime la peine de mort d’une longue liste de crimes, réduisant davantage le nombre de corps accessibles aux médecins). Les facultés de médecine sont prêtes à payer une somme importante à quiconque pourrait leur fournir des cadavres frais. Un nouveau "métier" apparaît, et les vols de cadavres sont en forte augmentation, au Royaume-Uni (surtout en Écosse), aux États-Unis, au Canada, en Irlande, en France, en Italie, aux Pays-Bas…
Les corps fraîchement enterrés sont exhumés et, dans le plus grand secret, vendus à des facultés de médecine et à des médecins privés. Parmi une foule anonyme de pilleurs de tombes, il en est au moins deux qui sont passés à la postérité, ce qui, s’agissant de résurrectionnistes, est bien la moindre des choses : William Burke et William Hare. Et ils ont ressuscité dans leur célébrité posthume la mémoire de l’anatomiste avec lequel ils avaient le plus souvent fait affaire, le Dr Knox. Les deux hommes rapidement passent du pillage de tombes à l’assassinat : attirant leurs victimes dans le logement où ils vivaient sur West Port Street, ils leur servent verre sur verre avant de les étouffer. Chaque cadavre est vendu à Robert Knox, un des anatomistes écossais qui prétend déchiffrer les mystères du corps humain. Le 28 janvier 1829 à Édimbourg, William Burke est pendu, son corps remis à la science pour servir de modèle dans les cours d’anatomie.
Deux siècles plus tard, la légende du duo intrigue encore les touristes, qui découvrent leur histoire au gré d'expositions au musée, avec des expériences interactives et des visites guidées.

Jean-Jacques Courtine extrait de la presse populaire britannique 14 archives relatives à ces body snatchers (voleurs de corps), exhumant de sombres affaires, dans un temps pas si éloigné.